Nature & écologie

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les abeilles et la pollution un problème important !

Auteur: OT Séderon
Dernière modification le Samedi 30 juin 2012

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Dans les Baronnies, comme ailleurs, les abeilles s’adaptent aux conditions climatiques et à la disponibilité des ressources que sont : le nectar, le miellat, le pollen, l’eau, la substance collante récoltée sur le bourgeons (propolis).

L’activité agricole peut fournir une ressource importante: sainfoin, prairies fleuries, arbres fruitiers, lavandes et lavandins en particulier.

En retour, les abeilles constituent le principal agent pollinisateur des plantes cultivées ou sauvages sans qui nous n’aurions pas beaucoup de fruits ni de graines ni de végétaux. La plus value apportée par l’abeille à l’agriculture représenterait dix fois plus que les produits de la ruche. Cependant, on a pu dire que « la où l’agriculture progresse, l’apiculture régresse ».

Bien heureusement, la situation n’est, peut-être, pas aussi alarmante dans les Baronnies. Nous n’avons pas de grandes monocultures comme le colza, le maïs, le tournesol qui raréfient la diversité pollinique et nectarifère. Ces monocultures sont une source d’intoxication pour les abeilles qui les fréquentent après l’introduction de nouvelles techniques de protection des végétaux par enrobage des semences avec des insecticides.

Ici, une polyculture/élevage côtoie de grandes surfaces extensives et sauvages. Les pesticides (herbicides, fongicides, insecticides) sont, peut-être, moins répandus que dans les zones de grandes cultures ou les grandes zones pavillonnaires car, curieusement, les maisons individuelles avec jardin sont des lieux très pollués en pesticides divers.

L’intoxication lente des abeilles devrait être moins marquée qu’ailleurs, mais restons prudents. En ce qui concerne les métaux lourds, par exemple, que nous soyons en haute montagne, aux pôles, ou en milieu urbain, la contamination en plomb ou en cadmium se retrouve partout dans des valeurs très proches bien que résiduelles et il n’y a pas de raison que les Baronnies soient épargnées. Que l’on se rassure, si des traces de métaux lourds sont découvertes dans le miel, c’est que les machines d’analyse ont, maintenant, des sensibilités de détection extrêmement fines. Le miel reste presque deux mille fois moins « plombé » que peut l’être une viande rouge bonne pour la consommation européenne !

Depuis quelques années, l’état sanitaire du cheptel apicole se dégrade continuellement en France. Les problèmes de réduction de production de miel par ruche sont bien réels depuis 1995. Des dépopulations sévères sont observées avec des abeilles mortes devant la ruche ou non retrouvées.

De multiples observations rapportent des abeilles tremblantes, des abeilles qui se traînent devant les ruches et occupent le trou de vol. Des reines, qui, biologiquement, peuvent pondre 3 à 4 ans de manière satisfaisante, doivent être remplacées au bout de 2 ans et leur fécondation semble plus aléatoire. Les mortalités hivernales des colonies sont cinq fois plus nombreuses.

Sur les monocultures de maïs et de tournesol, dans le centre et le sud-ouest de la France, le facteur causal dominant semble bien être l’utilisation d’enrobages de semences avec des produits insecticides qui se retrouvent dans le nectar et le pollen comme l’Imidaclopride (Gaucho ND) ou le Fipronil (Régent ND) sans que les preuves scientifiques aient pu encore être apportées. Lenteur et responsabilité administratives, confusion des recherches, tests de contrôle et d’homologation surannés entretiennent une opacité désespérante pour les apiculteurs victimes.

Cette grave crise d’intoxication par des produits phytosanitaires dont l’homologation est critiquable rappelle d’autres crises similaires comme les intoxications subies par les abeilles avec la Delthamétrine (Décis ND) il y a une vingtaine d’années.

De plus, dans les problèmes d’intoxication, très souvent, il n’est pris en compte que le facteur de toxicité aiguë, ce qui est, maintenant, tout à fait insuffisant pour juger de la nocivité d’un produit. Les effets non rapidement mortels (on dit sub-léthaux) ne sont pas considérés. Les progrès récents de la biologie moléculaire montrent l’existence de deux récepteurs différents pour un même toxique.

Un premier récepteur, peu sensible, entraînant des effets mortels (léthaux) pour des concentrations relativement importantes du produit toxique.

Le second récepteur, beaucoup plus sensible, réagit par des effets non mortels à de très faibles concentrations : troubles du comportement, de la physiologie … Notons que ce récepteur peut accueillir, en addition ou en synergie, d’autres molécules toxiques : divers pesticides et produits chimiques ambiants dont les mélanges peuvent créer des effets très inattendus et, sans doute, pas toujours favorables à la santé de l’individu contaminé.

Ces effets sub-léthaux, pour de très faibles doses, ne sont pas pris en compte dans les processus d’homologation des produits phytosanitaires. Leur existence nous fait comprendre des risques sous-jacents, des complications inattendues et mystérieuses. Ainsi, des substances peuvent ne pas tuer des insectes sociaux individuellement, mais désorganiser la colonie par des troubles du comportement, par exemple, jusqu'à là faire disparaître. Maintenant, on sait que ce n’est plus seulement la dose qui fait le poison !

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